vendredi 21 septembre 2012

Péripéties rédactionnelles, ou quand la procrastination s'est éprise de vous...

Richard Roundtree et Charles Cioffi dans Shaft, la nuit rouge de Harlem (Gordon Parks, 1973)

Hey, ô toi lecteur qui est encore de passage par ici, bien le bonjour !

Tout d'abord, je te remercie pour ton courage, et ta fidélité à ce site, je t'en suis très reconnaissante...
(Oui, vraiment, merciiiii !).

Bon, et là, en lisant ce titre, tu te dis...


"Di'don di'don', titre un peu long et pompeux...!"
Bôh pas tant que ça au fait...
(et puis tu commences un peu à me connaître maintenant ; les titres à rallonges, 
avec une touche d'étrangeté et autres blagues à deux sous et sept cents, hein...).

"Lié au blog, à l'inspiration, tout ça tout ça...?!"
Il y a de cela, mais non plus...

"Ben c'est quoi saperlotte ?!! "
Je peux comprendre ton impatience...
(D'ailleurs, j'apprécie ta politesse et ton expression d'antan...
Aurais-tu d'autres expressions de ce type encore en stock petit poète...?)

...
...
...
..
.

Bon j'ai compris, je vais te le dire, je vais te le dire...
Inspire/expire, prends le temps, dégage tes sinus épris (eux aussi) de ce temps automnal , savoure un peu le moment présent, là... 
ça va mieux?
Bon... :)

Vous avez peut-être lu dans un des recoins de ce blog et/ou via les réseaux sociaux que je devais terminer un mémoire...

Du coup, je voulais vous en dire un peu plus sur le sujet.
(ça vous dit au moins... ?!)


Commençons par le début (c'est mieux, il paraît....).

Tout a commencé il y a deux ans maintenant.
Entrée en première année de Master, où la préparation d'un travail personnel, sur un sujet de son choix, au cours d'une année entière, semblait au premier abord trépident.
J'avais envie de découvrir plutôt que d'approfondir un sujet que je connaissais déjà.
Pleins d'idées, à foison, diverses et variées. Et puis l'envie de travailler sur le Jazz dans les films, pourquoi pas. Je m'intéresse donc à la culture afro-américaine, où je tombe sur le livre particulièrement intéressant de Régis Dubois...


Je commence à lire, c'est simple et passionnant (d'ailleurs, si vous vous intéressez ou voudriez découvrir le cinéma afro-américain d'hier à aujourd'hui, je vous le conseille vivement...).
Et du coup, c'est là que j'ai découvert l'univers de la Blaxploitation...

Mais c'est quoi la bla...la blana...la blananation...?
(Blananasplit...?! 
(Je sors, je sors, ça va, ça va...))

C'est très simple.
Vous voyez Jackie Brown (1998) de Quentin Tarantino...?
Vous voyez l'actrice principale ?

Jackie Brown (Quentin Tarantino, 1998)
Cette femme, c'est Pam Grier.
(Une actrice qu'on sous-estime peut-être encore un peu trop...)
Et bien cette femme, fut célèbre grâce à la Blaxploitation... 
Elle en était même "The Queen" bab'...

Cependant, je n'ai toujours pas répondu à la question initiale, il est vrai...
Mais j'y viens (doucement, mais sûrement...).

Bien, vous voyez un peu le contexte américain des années 50 à 70 ?
Guerre du Vietnam,  Martin Luther King, mouvements hippies et féministes, Malcolm X, l'assassinat de John F. Kennedy, 
les Black Panthers, James Brown, Angela Davis...

Martin L. King et Malcolm X


 Angela Davis



Et au niveau cinématographique ?
C'est l'arrivée du "Nouvel Hollywood", avec Martin Scorsese, Brian De Palma, Francis F. Coppola ; et puis quelques années plus tard Steven Spielberg et George Lucas lancent la vague des blockbusterds avec Les Dents de la Mer (Jaws, 1975) et la fameuse Guerre des Etoiles (Star Wars, 1977)...
Mais entre-temps, c'est aussi le renouveau des genres, avec entre-autre la sortie du pornographique Deep Throat (Gorge Profonde, Gerard Damiano, 1972)
ou plutôt des films d'horreurs comme La Nuit des Morts vivants (Night of the living dead, George Romero, 1970), Massacre à la tronçonneuse (The Texas chain saw massacre, Tobe Hooper, 1974) ; 
ou encore les films de bikers à la Easy Rider (Denis Hopper, 1969)...

Affiche US des Dents de la Mer (1975)
(ça va, vous arrivez à me suivre pour l'instant...?)


Et bien parmi ces derniers genres, s'en trouve un que beaucoup ont oubliés...
La Blaxploitation, donc.

Sa particularité ?
Mettre en avant les acteurs afro-américains, et ce à travers différents genres : action, policier, espionnage, gangster, fantastique ; 
mais aussi péplum et même kung-fu (...!).  

[Bon, juste pour le fun de ce dernier genre, voici la prestation de Jim Kelly 
dans l'ouverture de La Ceinture Noire (Black Belt Jones, Robert Clouse, 1974)... ]

Excusez mon humour un peu idiot, mais bon...

De mon côté, je me suis plutôt penchée du côté de la représentation des femmes afro-américaines dans ces films, et en particulier, 
sur ce qu'incarne Pam Grier à l'époque donc...

Pam Grier dans Foxy Brown (Jack Hill, 1974)



Et c'est très complexe au fait.
L'Histoire concernant la femme afro-américaine l'est aussi. Mais pour résumer à l'ensemble de ces productions -avec des acteurs masculins comme féminins-, c'est beaucoup de violence, de clichés liés (malheureusement...) à la race et à la sexualité des afro-américains [on se souvient de Naissance d'une Nation (The Birth of Nation, D.W. Griffith, 1915), ou plus simplement d'Hattie McDaniel dans Autant en emporte le vent (Gone with the Wind, Victor Fleming, 1939)]. Pourtant, et au-delà d'un système cinématographique Blanc particulièrement rigide, on sent une volonté de dépasser, de transcender ces représentations...
On s'infiltre au fond dans le système pour  mieux le "détruire", le détourner de l'intérieur... 

Hattie McDaniel

Même si les auteurs ne l'ont généralement pas revendiqués comme tel, la blaxploitation fut lancée par trois films : Cotton comes to Harlem (Ossie Davis, 1970), le film indépendant Sweet Sweetback's Badaasssss Song (Melvin Van Peebles 1971), et le célèbre Shaft, les nuits rouges de Harlem (Shaft, Gordon Parks, 1971).  

Richard Roundtree sur le tournage de Shaft, les nuits rouges de Harlem (Gordon Parks, 1971) (source)

Il n'y a pas eu tellement de femmes dans des premiers rôles au court de l'existence furtive de ce courant 
(1969-1978, mais on le résume généralement à 1971-1975, période de son apogée...). 

Commençant sa carrière dans des WIP (Women in Prison ; films dont l'intrigue se résume généralement à des femmes qui tentent de s'échapper d'une prison isolée, en usant de divers procédés, dont l'utilisation de leurs charmes certes, mais pas que...) Pam Grier reste la plus célèbre -encore aujourd'hui...- avec des films comme Coffy, la panthère noire de Harlem (Coffy, Jack Hill, 1973), Foxy Brown (Jack Hill, 1974), 
Sheba Baby (William Girdler,1975) ou encore Friday Foster (Arthur Marks, 1975).

Affiches US de Coffy, la panthère noire de Harlem (Jack Hill, 1973),
et de Foxy Brown (Jack Hill, 1974
L'autre femme restée célèbre, c'est Tamara Dobson. Du haut de ses 1m80, Tamara Dobson débute dans le mannequinat, posant notamment pour des magazines tels que Vogue, avant de tourner dans deux films d'espionnage, sorte de "James Bond féminin afro-américain" : Dynamite Jones (Cleopatra Jones, Jack Starrett, 1973) et sa suite Dynamite Jones au casino d'Or (Cleopatra Jones and the casino of gold, 1975).

Affiche de Cleopatra Jones (Jack Starrett, 1973)




Présentées comme concurrentes à l'écran, ces deux femmes seront au contraire amies et même voisines à Los Angeles. Elles comptaient d'ailleurs monter un film ensemble.

Tamara Dobson est décédée en 2006, des suites d'une pneumonie...

Tamara Dobson (source)
 
Ce qu'il reste aujourd'hui de la Blaxploitation...?

Les films ont été généralement oubliés du grand public, néanmoins, les clichés restent : l'image du maquereau, entouré de jolies filles en tenues légères dans des décapotables aperçus dans les clips, ça vient entre autre de là...
Mais on se souvient des musiques. Funk and soul, souvent composées et/ou interprétées par des musiciens afro-américains réputés : Isaac Hayes [Shaft (1971), Truck Turner (Jonathan Kaplan, 1974)], Marvin Gaye (Trouble Man, Ivan Dixon,1972), James Brown (Black Caesar, Larry Cohen, 1973), Barry White (Together Brothers, William A. Graham ,1974), Curtis Mayfield (Superfly, Gordon Parks Jr., 1972 ; The Mack, Michael Campus, 1973), Herbie Hancock (The Spook Who Sat by the Door, Ivan Dixon, 1973), et j'en passe...
Certaines ont été pas mal reprises par les musiciens Rap au cours des années 90.

On retrouve également des sortes de remakes hommages, comme le Shaft de John Singleton (2000, avec Samuel L. Jackson), 
ou des parodies, telle Black Dynamite ( Scott Sanders, 2009).

Thème de Shaft par Isaac Hayes (Live, 1973)

Bon j'avoue que c'est encore une fois un peu brouillon, mais voici ce qui m'a porté, torturé, réjoui au cours de ces deux ans de recherche.

Je dois avouer qu'au-delà de ses clichés, sa violence, sa représentation de la sexualité, et parfois même au détriment de la qualité de ces films (esthétique, intrigues très commerciales...), j'ai été agréablement surprise de découvrir ces œuvres très diverses et variées, œuvrant pour tous les goûts, et qui sont parfois même très bons...

L'aventure continue encore cette année, certainement encore sur la Blaxploitation, mais je ne sais pas encore comment...

En passant, je tiens à remercier Régis Dubois, Foxy Bronx, Roberto Tobias et Melvin X, pour toutes ces découvertes, 
ainsi que leur aide directe comme indirecte...
Restez passionné !
Autrement, si vous souhaitez en savoir plus sur le Cinéma afro-américain d'hier à aujourd'hui au jour le jour, 
je vous invite ici Black Movies Entertainment.

Pam Grier, Terry Carter et Jack Hill sur le tournage de Foxy Brown (1974)

Et puis si vous avez des questions ou souhaitez en savoir plus, n'hésitez pas à demander, ce sera avec plaisir...  :)

En espérant ne pas vous avoir trop ennuyé au cours de long article, je vous souhaite un agréable week-end...!

A bientôt, et prenez soin de vous !